TRANSITION NUMERIQUE — 20 février 2012

Ce film n’est pas qu’un record de box office, j’y ai vu une représentation du modèle d’entreprise traditionnelle bousculée dans son organisation par de nouveaux venus qui ont leurs propres règles. C’est aussi je crois une des raisons de son succès.

Le modèle d’entreprise : La maison de Philippe (François Cluzet), c’est l’entreprise traditionnelle. Chaque membre du personnel, dont le haut niveau de technicité est évident, a une mission bien définie. Les règles de fonctionnement sont précises et respectées par tous. Il est évident qu’il n’y a dans cette organisation quasi militaire aucune place pour l’imagination, l’imprévu, encore moins à l’originalité. Les process en place sont le résultat d’une analyse poussée, dans un objectif d’efficacité maximum. Vouloir remettre en cause ces choix relèverait de l’incompétence compte tenu de la gravité de la situation. Le parallèle avec l’entreprise est encore plus évident lors de la scène des entretiens de recrutement, qui nous présente une caricature de candidats ridicules à vouloir sur-jouer leur motivation.

Le Gen Y : Driss (Omar Sy), dans la scène à l’Assedic, se définit lui-même, comme un pragmatique. Décomplexé (il danse pendant l’anniversaire, rit à l’opéra, moque l’art contemporain), débrouillard (quand il se fait arrêter pour excès de vitesse), il possède des qualités qui sont à l’opposé de celles à priori nécessaires pour un aide soignant. Il refuse les règles qui lui paraissent inutiles ou à contraires à ses valeurs (les bas de contention). On le voit au début du film, travailler n’est pas une fin en soi, mais il va s’investir dans sa mission parce qu’il y trouve un sens. Il est également le seul qui va développer des relations d’égalité avec son “employeur”, où le respect et le rapport à la hiérarchie prennent des formes nouvelles de complicité qui désarçonnent parfois Philippe mais qui sont aussi une preuve de sincérité. Ce sont justement ces nouveaux types de rapports, plus humains, qui vont aider Philippe à reprendre goût à la vie.

Les moyens de communication : Avec la scène de la lettre, nous avons d’un côté un mode communication désuet et dont le formalisme caricaturé s’est éloigné d’un objectif véritable, alors que le téléphone, mode de communication immédiat, démontre son efficacité. De cette association improbable entre deux êtres que tout oppose (ressort classique de la comédie), naîtront de nouvelles règles d’organisation, de rapports à l’autorité, de modes de communication moins formels mais tout aussi efficaces, un peu comme dans l’entreprise 2.0 ?

Ce billet a initialement été publié sur le site web de Expectra ; vous pouvez le retrouver ici.

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A propos de l'auteur

Franck La Pinta

J’accompagne depuis plus de 15 ans un groupe bancaire de dimension international dans sa transformation liée aux nouvelles technologies et au digital. J’interviens notamment pour analyser les impacts et exploiter les opportunités de cette révolution numérique sur les ressources humaines, le management, les process métiers, le marketing, la communication.

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