MARKETING RH PORTRAIT — 11 septembre 2012

La parution récente d’un billet sur l’avenir de la Marque Employeur, et de son évolution prévisible vers une notion d’Engagement Social pour l’Emploi, dans un périmètre plus large que celui de l’entreprise, a suscité des réactions. Je vous propose de partager les échanges que j’ai eus avec Erika Cogne, en charge chez Accenture des programmes de responsabilité sociétale pour la France et le Benelux et déléguée générale de la Fondation France.

Ericka, en quoi consiste votre mission ?
Ma mission consiste à développer l’impact social de notre entreprise auprès de son écosystème en définissant, avec la direction d’Accenture, des programmes à impact social fort ou sources d’innovations. En ligne avec une stratégie mondiale de responsabilité sociétale, notre programme Skills to Succeed, nos actions sont réalisées en collaboration avec des associations partenaires principalement sur la dimension d’insertion économique et professionnelle. Entre 2009 et 2015, notre objectif est d’accompagner plus de 250 000 personnes dans le monde vers l’emploi ou l’entrepreneuriat.

Pourquoi Accenture a choisi l’axe emploi dans ses actions de citoyenneté ?
L’accès à l’emploi, en particulier l’emploi des jeunes, répond à une problématique sociétale macro-économique majeure qu’il s’agisse des pays développés, nouvelles économies ou les pays en difficultés. De plus, en tant qu’entreprise de services, notre force repose sur notre capital humain et notre promesse employeur est notamment celle de l’employabilité. En miroir, nous souhaitons développer l’employabilité de notre écosystème notamment sur les populations jeunes. C’est la colonne vertébrale de nos actions envers notre écosystème.

Pouvez vous citer un ou deux exemples d’actions ?
Notre objectif est de professionnaliser et de faire changer d’échelle nos partenaires œuvrant dans l’insertion économique et professionnelle. Depuis 2 ans, nous avons monté un partenariat avec Ashoka, le plus grand réseau d’Entrepreneurs Sociaux, qui soutient depuis trente ans des Entrepreneurs Sociaux, afin qu’ils participent à l’expansion du secteur et accélèrent la diffusion de l’innovation sociale. Nous soutenons Ashoka afin de développer l’employabilité des jeunes sur les compétences attendues du marché de l’emploi au 21ème siècle, favoriser l’insertion de jeunes issus de milieux modestes, accompagner des entrepreneurs, créateurs de leurs propres emploi. Plus de 1000 bénéficiaires ont été touchés par notre partenariat en 2011/2012 et prochainement nous allons soutenir 3 nouveaux entrepreneurs sociaux : le Groupe SOS, Actavista et Emmaus Défis.

Pensez-vous que c’est un axe qui va se développer dans l’avenir ?
En 2009, lorsque nous avons lancé notre programme mondial Skills to Succeed, nous étions une des seules entreprises mondiales à développer cet aspect dans sa responsabilité sociétale. Aujourd’hui, de nombreux autres entreprises privées, notamment dans le même secteur d’activité, participent à favoriser l’emploi. Les acteurs publics et institutionnels se mobilisent également très significativement. Compte tenu du besoin et de la difficulté à résoudre cette problématique majeure, il me semble nécessaire de mobiliser plus largement vers l’identification et la mise en place de programmes innovants et convergents : privés, publics et associatifs pour favoriser l’insertion économique et professionnelle de l’ensemble des acteurs. Christian Nibourel, le Président d’Accenture en France, développe la notion « d’empreinte sociale » depuis 3 ans. Si notre écosystème se porte bien, l’entreprise se porte mieux.

Ces actions ont-elles un impact sur votre attractivité en tant qu’employeur ?
Bien sûr, car pour avoir un véritable impact social, nous avons besoin de nos collaborateurs, afin de mettre à profit leurs compétences et leurs énergies. Les actions d’engagement sociétal sont un des piliers forts de la marque employeur lors des phases de recrutement, d’intégration et de développement de nos collaborateurs. En participant à ces projets, ils en ressortent davantage motivés, une condition indispensable du succès de notre entreprise sur nos marchés et pour le long terme. Nous avons également constaté que nos actions de mécénat de compétences développaient 4 types de compétences « soft skills » : capacité de communication, d’écoute, esprit de créativité et d’adaptation.

Comment sont perçues ces initiatives en interne ? Quelles actions mettez-vous en place pour inciter vos collaborateurs à participer ?
Très positivement, car notre implication grandit d’année en année afin de proposer à nos collaborateurs des thématiques d’innovations sociales, et des modalités d’engagements diversifiées. 80% de nos collaborateurs connaissent le programme, et nous engageons 10% de nos collaborateurs France avec une implication forte de plus d’une vingtaine de nos top dirigeants. Présentations en comité de direction, évènements internes ou externes, brochures, émissions de radio,… tous les véhicules et toutes les dimensions de l’organisation sont sollicités pour mobiliser nos compétences internes. Le taux de satisfaction des collaborateurs sur nos actions est très élevé puisque 93% souhaitent s’engager de nouveau. Malgré des avancées significatives, nous sommes vigilants pour maintenir l’organisation mobilisée, convaincre toujours et davantage à tous les niveaux, et analyser notre impact, condition indispensable pour justifier la progression de nos actions.

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A propos de l'auteur

Franck La Pinta

Responsable Marketing Web et RH 2.0, au sein d’un grand groupe bancaire. Artisan et partisan convaincu des vertus de l’entreprise 2.0, je suis à l’initiative d’un réseau social d’entreprise dédié aux professionnels RH.

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