MARKETING RH RESEAUX SOCIAUX — 06 juin 2013

Les recruteurs doivent faire évoluer leurs méthodes de travail. Les médias sociaux, les usages et les attentes des candidats, la concurrence sur certains profils, sont en train de modifier profondément leur métier. Des compétences nouvelles doivent être acquises, à la fois pour répondre à ces nouveaux enjeux, mais aussi car il en va de leur propre employabilité.

Il suffit de se pencher un instant à sa fenêtre (notamment celle de son navigateur web) pour constater l’arrivée de nouveaux acteurs, l’émergence de nouveaux comportements chez les candidats ou l’instauration de nouvelles règles du jeu portées par quelques entreprises pionnières. Sans prétendre vouloir renverser un Ancien Monde qui serait dépassé, une véritable évolution des mentalités est à mener.

Abandonner la logique de chasseurs-cueilleurs

Les recruteurs abordent aujourd’hui leur métier comme des chasseurs-cueilleurs. Ils attendent que d’autres membres de la tribu (les managers) viennent les solliciter pour un besoin urgent de ressources nouvelles (les candidats). Dès lors, ils quittent le village, partent à la recherche de cette nourriture, avec l’urgence de la situation à l’esprit. Ils reviendront parfois bredouilles, suscitant la colère des membres de la tribu, n’auront réussi à rapporter qu’une trop faible quantité de nourriture qui sera consommée immédiatement, ou dont la qualité ne sera pas au niveau des attentes de la tribu.

Rapporté au recrutement, les recruteurs lancent dans l’urgence leurs actions de sourcing en réponse aux demandes urgentes de managers. Et les recruteurs tenteront d’approcher dans l’urgence de la situation des candidats avec lesquels ils n’ont jamais eu aucun contact. Entreprises et candidats ne se connaissent donc pas. Ils entendent ainsi répondre au plus vite aux besoins de recrutement d’un manager. Un manager d’autant plus pressé, que lui-même n’aura eu que tardivement un accord budgétaire sur cette création de poste.

Devenir les éleveurs-cultivateurs

Les éléveurs-cultivateurs, apparus au Néolithique, ont fait le choix de la sédentarisation et de l’anticipation de leurs besoins. Plutôt que rester dépendants des caprices et des cycles de la nature, ils ont “fixé” gibiers et végétaux comestibles à proximité de leur lieu de vie : ils ont apprivoisé du bétail, et s’en sont occupé afin d’assurer la pérennité et le développement du cheptel. Ils ont également sélectionné certains végétaux, en fonction de leur qualités nutritives ou de leurs rendements. En résumé, ils constituaient des stocks pour anticiper leurs besoins futurs.

Les recruteurs doivent développer des communautés de candidats. Pas pour répondre à des besoins de recrutements à court terme, mais plutôt pour initier des relations sur la durée, apprendre à connaître ces candidats potentiels, leur faire découvrir les différents aspects de l’entreprise, identifier ceux dont les valeurs, les motivations et les savoirs-être, correspondent à la culture de l’entreprise. C’est ainsi que les recruteurs pourront répondre à des besoins de recrutement de plus en plus difficile à anticiper, contribuer à l’attractivité de leur entreprise, apporter une valeur ajoutée aux managers, améliorer les chances d’un recrutement réussi…

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A propos de l'auteur

Franck La Pinta

J’accompagne depuis plus de 15 ans un groupe bancaire de dimension international dans sa transformation liée aux nouvelles technologies et au digital. J’interviens notamment pour analyser les impacts et exploiter les opportunités de cette révolution numérique sur les process business, la relation client, les ressources humaines, le management, le marketing, la communication.

(4) Commentaires

  1. Synchronises, nous sommes avec les propos de Mintzberg

    Le « jardinier méticuleux» sait que seule une intervention continue pourra lui permettre, le moment venu,de trouver dans le territoire les ressources dont il aura besoin pour son développement futur.

    http://code7h99.blogspot.fr/2013/05/emploi-et-formation-dans-lindustrie.html?spref=tw

    • Marvin, merci pour votre commentaire. L’image du jardinier est également parfaite. On ne voit pas nécessairement le résultat de son travail, mais il suffit qu’il ne s’en occupe plus provisoirement pour que le mauvais état du jardin fasse comprendre quelle était sa contribution.

  2. Bonjour, cette métaphore me fait sourire, « Moi Tarzan, le couteau entre les dents prêt à bondir à la vue de mon prochain gibier… »
    Au delà du joke, je vous rejoins pleinement. Je constate au quotidien le gain de productivité quand je travaille sur des missions, pour lesquelles de vraies relations de « paternship » ont été tissées en amont avec les acteurs concernés (notre client recruteur et notre client candidat).
    Certes je « facture plus vite » (ce qui reste, ne nous voilons pas la face, hyper agréable 🙂 mais travailler de la sorte donne du sens à mon job et renforce ma motivation à rencontrer de nouvelles personnes et à les acccompagner sur du long terme. « Moi recruteur chasseur, éleveur mais avant tout guide et ambassadeur… »
    Au plaisir de vous lire
    Marc Guichet

    • Merci Marc pour votre commentaire, et votre témoignage

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