RESEAUX SOCIAUX START UP ET INNOVATION — 10 octobre 2015

Après PAZAP, UpToYouth et Clustree, nous continuons notre découverte de jeunes entrepreneurs qui apportent un regard neuf sur les Ressources Humaines. Never Eat Alone est une application qui veut exploiter la pause du déjeuner pour aider les collaborateurs à développer leur réseau interne de manière informelle. Peut-être aussi un moyen d’évaluer la culture de l’entreprise ?

 

 

FZ2A9934Marie-Schneegans-©Thomas-SmithMarie, vous êtes la fondatrice de Never Eat Alone. Quel était le constat de départ, qui vous a amené à ce projet ?
Tout a commencé l’été dernier après une expérience au siège d’UBS à Zürich. Après quelques jours, j’ai eu envie de rencontrer  des personnes de pôles différents pour approfondir mon expérience du métier et surtout casser la monotonie. Très vite je me suis aperçue que malgré les milliers d’employés présents, il était très courant de se sentir seul durant le déjeuner. Heureusement j’ai pris l’initiative d’envoyer des emails aux autres départements pour leur proposer d’échanger un repas, et les réponses ne se sont pas faites attendre ! À terme nous avons réussi à utiliser cette synergie au profit de l’entreprise pour résoudre des problèmes et j’ai même rencontré le CEO le temps d’un déjeuner. C’est alors que mes collègues m’ont dit : « Marie tu connais tout le monde, est-ce que je peux venir déjeuner avec toi ? »  et l’idée de Never Eat Alone était née !

Quel problème tente de résoudre Never Eat Alone ?
Never Eat Alone est une application (iOS et Android) qui permet de se rencontrer autour d’un déjeuner afin de solutionner des questions de tous les jours et d’agrandir son réseau, ou comment conjuguer efficacité et convivialité ! Je voulais faciliter les connexions entre les employés d’une entreprise par le biais d’un simple repas. En effet, bien souvent cela reste le seul moment où les personnes arrivent à trouver un créneau sans avoir à déranger leur agenda. Ainsi, les employés d’une même entreprise se connectent avec leur adresse email professionnelle ou par le biais de Linkedin. Par la suite, nous les connectons (matching) avec une personne d’un autre département ou de manière aléatoire en se basant sur les centres d’intérêt.

Quelle est la promesse de Never Eat Alone ? Et à qui s’adresse-t-il ?
Imaginez que vous emménagiez dans une nouvelle ville ou que vous vouliez rencontrer de nouveaux collègues dans votre entreprise. Mieux encore, vous êtes un manager en recherche de profils interdisciplinaires pour un nouveau projet, mais ne savez pas comment et où trouver vos collaborateurs. Ce sont exactement les problèmes que nous rencontrons lors de nos premières expériences en entreprises.

Aujourd’hui, les sociétés se doivent de faire davantage pour satisfaire leurs employés, ces derniers attendent plus de leurs lieux de travail. Ils veulent se sentir « comme à la maison », veulent des chances de se développer davantage, d’être créatif et d’accroître leur réseau en ligne et hors ligne !  Ils ont besoin d’ outils pour cela. Sans quoi bien souvent, ils quittent l’entreprise. À ce titre, Never Eat Alone s’adresse à toutes ces grandes entreprises qui cherchent à fédérer leurs salariés en faisant tomber les barrières.

Never Eat Alone ScreenshotQuels sont les bénéfices attendus pour les cibles ?
Nous pensons que les seniors d’une entreprise attendent de rencontrer les employés récemment arrivés pour leurs points de vue et leurs idées. Nous voudrions insérer une partie de l’esprit startup au sein de grands groupes, et ce en cassant les lignes hiérarchiques le temps d’un instant. Car si les prises de décisions restent un procédé vertical, la discussion elle se doit d’être horizontale.

 Cela permet aussi de conjuguer une plate-forme sociale online avec une expérience offline concrète et innovante, offrant une solution structurée, personnalisée et sécurisée. Le but ici est de développer l’intelligence collective pour susciter l’innovation tout en garantissant le bien-être de tous.

En quoi est-ce une innovation ?
C’est une innovation, car cela simplifie les relations au sein de l’entreprise tout simplement en permettant aux personnes de se rencontrer durant des moments qui sont encore libres (on déjeune tous les jours). Les rencontres extra bureaux formatent une communication plus horizontale, plus conviviale. Par la suite, par un effet boule de neige, on se constitue un réseau, ce qui est indispensable pour être intégré et réussir au sein d’une grande entreprise. L’algorithme est adaptable à l’entreprise.

Pouvez-vous vous présenter, quel est votre parcours professionnel ?
J’ai étudié à Dauphine en Ingénierie financière et Économie appliquée à la Goethe Université à Frankfort. À côté des cours, j’ai toujours réalisé des projets pour connecter les personnes de différents milieux. Le statut étudiant-entrepreneur m’a aidé à avoir un emploi du temps aménagé et faire une année de césure pour me concentrer sur Never Eat Alone. L’été dernier, j’ai travaillé à l’ UBS dans le département des gestions de fortune, tout en ouvrant en même temps un espace collaboratif temporaire à Paris, Freespace, avec deux amis. Ce n’était pas facile, mais la méditation m’a aidée à me concentrer et à mener à bien mes projets 🙂

Que faut-il en retenir ?
Never Eat Alone prend le contre-pied des approches traditionnelles des réseaux sociaux d’entreprise qui proposent des outils digitaux pour favoriser le travail et les échanges à distance. Ici, la finalité est bien la rencontre physique. Et cette approche est très en phase avec les comportements des jeunes générations vis-à-vis des structures et des codes hiérarchiques qu’ils trouvent trop rigides, non fondés et surtout contre-productifs. Never Eat Alone peut s’avérer un bon test pour vérifier la réelle volonté des Directions générales et des managers stratégiques de « casser les silos », en allant à la rencontre de ces jeunes collaborateurs. On peut aussi imaginer que le comportement de ces managers vis-à-vis de ces invitations serait un moyen d’évaluer l’intérêt qu’ils portent à l’expérience collaborateur. Et pour les jeunes collaborateurs, un critère supplémentaire au moment de leur mobilité interne : au-delà de l’intérêt de la mission, le choix sera facile entre un manager accessible, que l’on a eu l’occasion de rencontrer et qui a donné envie de travailler avec lui, et un autre qui reste dans sa « tour d’ivoire ».

Pour découvrir NeverEatAlone

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A propos de l'auteur

Franck La Pinta

J’accompagne depuis plus de 15 ans un groupe bancaire de dimension international dans sa transformation liée aux nouvelles technologies et au digital. J’interviens notamment pour analyser les impacts et exploiter les opportunités de cette révolution numérique sur les ressources humaines, le management, les process métiers, le marketing, la communication.

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