MARKETING RH TRANSITION NUMERIQUE — 17 janvier 2012

La crise économique actuelle est une crise de confiance : les agences de notations ne font plus confiance aux Etats, les investisseurs se méfient des marchés, les Européens s’interrogent sur leur monnaie. La confiance est bien un facteur économique central. C’est aussi un élément fondamental et indispensable aux bon fonctionnement et aux relations humaines dans l’entreprise.

Il semble bien qu’il y ait consensus : dans ces périodes difficiles, la vraie valeur des entreprises, celle que l’on fait mine de redécouvrir, ou à tout le moins sur laquelle on communique, c’est l’humain. Je suis convaincu que c’est davantage la confiance que l’humain qui est l’actif le plus important. C’est sur ce sujet de la confiance que les efforts des entreprises doivent porter si elles veulent traverser cette période agitée sans trop de casse et avoir la réactivité suffisante le jour de la relance. Peut-être d’ailleurs vaut-il mieux parler de confianceS :

> confiance dans la vision de l’entreprise : c’est-à-dire dans la capacité des représentants de l’entreprise à proposer un vrai projet d’entreprise, à prendre les bonnes décisions, à avoir la capacité de réagir aux aléas du présent sans hypothéquer l’avenir de l’entreprise, à concilier ambitions économiques et préoccupation sociale.

> confiance dans les managers de proximité, parce qu’ils auront l’énergie qui fédère, qu’ils sauront donner du sens aux actions, expliquer les décisions et en même temps auront l’honnêteté de la transparence dans la communication, parce qu’ils auront à coeur de faire grandir leurs collaborateurs.

> confiance dans les Ressources Humaines qui sauront faire respecter le contrat social pour que ce dernier ne soit pas qu’un amortisseur des aléas économiques, des RH la priorité affichée sera de concilier les aspirations individuelles avec les exigences collectives ; c’est peut-être ça la définition d’un HR business partner.

> confiance en soi, quand la culture d’entreprise favorise la valorisation des réussites, que les valeurs savent concilier la reconnaissance individuelle et collective, et que le modèle de management valorisé est celui qui sait accepter l’erreur, donner envie de prendre des risques, de sortir de ses zones de confort, pour exploiter les opportunités nouvelles plus vite que ses concurrents.

Dans l’entreprise plus encore que dans la théorie économique, la confiance est bien l’enjeu central. C’est le carburant indispensable pour engager tous les collaborateurs de l’entreprise, et plus encore les travailleurs du savoir.

Partage

A propos de l'auteur

Franck La Pinta

Responsable Marketing Web et RH 2.0, au sein d’un grand groupe bancaire. Artisan et partisan convaincu des vertus de l’entreprise 2.0, je suis à l’initiative d’un réseau social d’entreprise dédié aux professionnels RH.

(9) Commentaires

  1. Je rajoute la confiance entre collègues, liée d’ailleurs à la confiance en soi. Cette capacité à taire les craintes de l’égo et ce qui va avec:
    – la tentation individualiste, fortement encouragées depuis quelques années, au détriment de la confiance mutuelle à l’intérieur de équipes.
    – les jeux de pouvoir et toutes les petits comportements néfastes aux relations, générées par la méfiance de l’autre.
    Et laisser s’exprimer la capacité de chacun à l’entraide, à la solidarité, à la collaboration. Car au final, cette collaboration dont ont parle tant est largement mise à mal par le manque de confiance mutuelle;)

    • Sylvaine, je te remercie pour ton commentaire. Effectivement, j’aurai p^rajouter la confiance entre collègue : c’est un élément important car, pour l’entreprise, c’est un fluidifiant et un accélérateur des échanges ; pour les collaborateurs, c’est une contribution importante à l’épanouissement et au bien-être. C’est d’ailleurs un comportement très répandu dans les entreprises que se constituer un réseau parallèle (donc voulu) à l’organisation officielle (subie) comme facilitateur. Mais on touche peut-être ici à un paradoxe : les entreprises prônent le collaboratif, l’échange, le collectif mais restent dans des logiques et des outils d’évaluation individuelle.

  2. Bonjour Franck et merci pour ce billet !
    J’ai parfois le sentiment que les valeurs affichées sur les sites corporate sont exactement celles qui manquent ou tout au moins celles que l’on espère (publiquement) pour que tout fonctionne à merveille. En gros, j’affiche les valeurs dont j’ai besoin mais qui ne font pas forcément partie de mon quotidien.
    Ainsi lorsque le mot confiance trône sur la première page d’un site dans la rubrique valeur, je me dis que cette confiance doit tellement manquer qu’elle a besoin d’être rappelée à tous, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Bien sûr, je ne me base que sur des témoignages (très nombreux tout de même) de salariés constatant dans leur entreprise un gouffre entre les valeurs affichées et celles qui régissent le fonctionnement au quotidien.
    Concernant la notion de confiance que tu abordes plus haut, j’ajouterais la confiance en l’avenir, une confiance véhiculée par un certain optimisme, un enthousiasme, une envie de projeter, d’avancer. Cette confiance en l’avenir semble avoir disparu, elle est à mon sens un carburant essentiel car elle engage non pas l’individu mais la collectivité, la société, permettant d’une certaine façon, de moins laisser sur le côté de la route tous ceux qui ont perdu la confiance qu’ils plaçaient dans leur entreprise.
    Merci encore !
    Pierre

    • Pierre, un grand merci pour ton commentaire.
      Je partage à 100% ta réflexion, je me suis souvent dit que je devrais écrire un billet sur ce sujet, exemples à l’appui. Il est possible d’avoir deux lectures de cette affichage des valeurs : le premier, critique, est de l’apparenter à un voeu pieux, voire hypocrite, une sorte de ripolinage que les entreprises pensent pouvoir substituer à une vraie remise en cause ; et une lecture, je dirais plus optimiste, qui pourrait être la preuve d’une ambition, d’une orientation donnée, avec la conscience que l’entreprise n’y est pas mais qu’elle met tout en oeuvre pour y tendre.
      Sur ton second point, la confiance en l’avenir, je te rejoins aussi, et je crois que c’est un autre paradoxe auquel l’entreprise doit savoir répondre : les collaborateurs inquiets se concentrent sur le court terme dans un état d’esprit entre pragmatisme et résignation, et en même temps ils ont besoin d’un projet, d’une direction, d’une aspiration.

  3. Croire aussi aux réseaux sociaux d’entreprise et à tout outil succeptible de créer de la collaboration.. Réduction du temps passé sur un projet, mise en commun des idées, réductions des couts.

    • Merci Andréa pour votre commentaire. Les outils ont certes leur importance mais ils ne peuvent que faciliter des orientations, des prises de positions, des stratégies et des volontés. Sans elles, ils ne sont rien, aussi performants soient-ils, car ce sont les humains qui en tireront le meilleur ou non. Sans l’humain, ils resteront au stade de promesses.

  4. Bonjour,

    Autre paradoxe à relever : la dialectique entre « confiance » et « entreprise ». D’un côté la confiance renvoie à l’idée de « foi », « espérance »; d’un autre côté, derrière « entreprise », il y a « pragmatisme », « gestion ». La foi ne requiert, ni demande, de preuves, alors que le pragmatisme et les sciences de la gestion ne peuvent fonctionner sans preuves, indicateurs, tableaux.

    Sur le plan humain, il y a celles et ceux qui font confiance et celles et ceux qui se concentrent sur les stratégies, les calculs… Vaste débat !

    Merci pour votre article fort intéressant, ainsi que les commentaires.

    Cdt

    Norbert

    • Bonjour Norbert, merci pour votre commentaire. Effectivement, le champ lexical est bien différent. Sans tomber dans l’angélisme, il manque sans doute un peu d’envie, de rêve, de passion, d’incarnation, de vision, de tripes, dans les discours et les ambitions des entreprises. On n’embarque pas des collaborateurs avec un retour sur investissement, alors il faut bien trouver comment concilier le projet collectif et les attentes individuelles.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>